Les mandalas

évantaille de feuilles

Né de l’hindouisme et du bouddhisme, le mandala est un diagramme à connotation ésotérique composé de cercles et de formes diverses. Essentiellement employé comme support à la méditation, il s’utilise de plus en plus en Occident, et ce, à travers différentes techniques. Ainsi, on en fait usage en art-thérapie et dans les diverses formes de thérapies basées sur l’étude psychique du sujet. Le mandala s’identifie à un instrument de pensée qui symbolise l’Être et l’Univers. En le regardant avec concentration, les usagers réintègrent leur propre nature au sein de l’Univers. Les mandalas les plus connus sont le Guhyasamaja, le Kalâchakra, le Bardo, la Roue de la Vie, l’Hevraja et le Chakrasamvara. Ils symbolisent des divinités sacrées, des mondes intermédiaires, ou encore divers états de l’existence

En sanskrit, le terme « mandala » signifie avant tout « cercle » et plus largement « diagramme », « sphère », « territoire », voire « communauté ». Dans les dictionnaires, on le définit comme une « figuration à valeur mystique représentant le cosmos et les différentes relations qui s’y établissent entre le matériel et le spirituel ». Le mandala est parfois même appelé « psychocosmogramme » puisqu’il permet à son utilisateur de s’unir avec l’infini et de rétablir l’unité de la conscience absolue. En effet, le cosmogramme représente l’univers tout entier dans son schéma essentiel. Quant à son diagramme, il symbolise l’unité et agit sur le psychisme en attirant notre regard au centre. Si on dit que le mandala a des effets sur le psychisme, c’est parce que lorsqu’on regarde son centre, il aurait un effet de réunification et d’unification sur notre psychisme, et procurerait l’harmonie à notre Être intérieur lorsque l’on fixe ses parties symétriques, c’est-à-dire la périphérie du mandala.

Les origines des mandalas

Originellement, la majorité des mandalas est consacrée à des divinités et fait partie de rituels tantriques. Dans la tradition tibétaine, les mandalas sont généralement dédiés aux Cinq Jinâs (ou Cinq conquérants ou tout simplement Cinq Bouddhas) qui représentent les cinq sagesses de l’esprit éveillé. C’est le principe cosmique de Sagesse. Habituellement, les mandalas comportent trois cercles concentriques qui symbolisent les trois corps, c’est-à-dire la naissance spirituelle, l’éveil et la connaissance, plus spécifiquement le Dharmakâya, le Sambhogakâya et le Nirmânakâya.

Les mandalas sont universels et omniprésents. On les retrouve partout à travers le monde. En effet, il existe des représentations géométriques symboliques dans d’autres cultures, par exemple chez les Aztèques, les Incas ou chez les aborigènes d’Australie. Dans la tradition indo-orientale, le mandala est fabriqué selon des règles géométriques très précises. On l’utilise comme support de méditation pour évoquer une déité ou divinité sous la direction d’un lama (chef spirituel bouddhiste) détenteur de la tradition concernée. Le mandala est ensuite détruit pour symboliser le caractère limité et transitoire des phénomènes composés puis il est dispersé dans le cours d’eau le plus proche.

Les différents types de mandalas et leurs particularités

Les formes d’un mandala sont nombreuses et variées. Ils représentent des animaux, des lettres, mais les mandalas traditionnels, eux, sont richement illustrés et composés de  multiples éléments circulaires et carrés de toute part. Il existe même des mandalas qui ne sont formés que d’un genre de forme, soit circulaire, soit carrée. Certains mandalas peuvent aussi être monochrome et d’autres abondamment coloré. Les tailles varient, pouvant atteindre la dimension d’une fresque composée de quatre mandalas qui, au final, en symbolise un seul. Il existe des diagrammes très complexes qui peuvent présenter des centaines de formes, alors que d’autres n’en ont qu’une.

Les mandalas bouddhistes sont souvent représentés avec de nombreuses divinités figuratives originaires des traditions bouddhistes et hindouistes. La divinité principale se trouvera toujours au centre du diagramme. Les déités expriment chacune un sentiment différent. Celui-ci peut-être la compassion, l’énergie, l’intelligence, la douceur, ou même la force de vaincre tous les aspects négatifs du subconscient. Lorsqu’il utilise le mandala, le méditant se projette dedans. Chaque détail du mandala a un sens et ce sont les maîtres qualifiés qui sont en mesure de connaître leurs significations profondes. Cependant, l’expérience méditative ne requiert pas de connaître le sens de chaque détail d’un mandala, puisque l’approche spirituelle reste la principale démarche à avoir. D’après les moines tibétains, l’art des mandalas est un art très puissant qui suppose beaucoup de qualités et de rigueur. D’ailleurs, certains moines vont jusqu’à mémoriser des textes sacrés complets avant de tracer leur mandala qu’ils réalisent avec des prières pour la paix.

Les mandalas sont parfois réalisés en trois dimensions. En Asie, en particulier en Inde et au Tibet, les grands temples ainsi que les pagodes sont construits sur le principe architectural des mandalas. L’incroyable précision de ces constructions, mais aussi leur grandeur et leurs beautés en font des lieux d’une grande exception. D’après les textes sacrés, chaque temple doit être une représentation matérielle et spirituelle de l’Univers. En Occident, le mandala a souvent servi de modèle aux architectes. On perçoit la symbolique, entre autres, dans les rosaces des cathédrales. Ce symbole se manifeste aussi dans les autres formes d’arts tels que la mosaïque, la sculpture, la poterie, la gravure, la peinture et même au sein de l’astrologie d’Asie et de ces calendriers. Il existe également des mandalas en deux dimensions réalisées avec du sable coloré. Cette technique demande beaucoup de patience et une grande discipline puisque la tâche est très complexe. Parfois, certains de ces mandalas peuvent comporter près d’une centaine de teintes différentes qui en font des œuvres artistiques d’une grande beauté. Après leur réalisation, ces mandalas de sables sont ensuite détruits pour illustrer l’idéologie selon laquelle tout objet matériel ne mérite pas d’importance. Cette importance de combattre l’attachement aux biens matériels est un des points importants de la philosophie bouddhiste et hindoue, ce qui explique notamment pourquoi de nombreuses œuvres sacrées ne sont pas signées.

Si on dit que le mandala est une forme de visualisation de l’Univers, c’est parce qu’il représente la macro et le microcosme. On compare facilement son centre, sa diversité et ses symbolismes de la rotation et de l’unité aux galaxies, au système solaire, voire même aux cellules, aux molécules et aux atomes. Cette comparaison illustre pourquoi, à travers des civilisations et à travers le temps, le mandala est considéré comme un symbole du divin. Il incarne le monde idéal tandis que son centre représente la concentration et sa périphérie l’organisation. Dans la tradition sacrée hindouiste et bouddhiste, le mandala est accompagné d’un mantra. Ce dernier est l’âme du mandala. Chaque mandala contient un  point central, un rayonnement de ce point, et une frontière extérieure circulaire. Le point central symbolise l’unité et la perfection. C’est un centre d’énergie, où nait toute existence dans l’espace et dans le temps. Il apparaît comme commencement et comme fin de tous les chemins possibles. Le rayonnement du point central se développe de façon centrifuge jusqu’à la frontière circulaire. Le cercle représente le symbolisme de l’infini et de l’absolu. C’est le protecteur du point central sacré. Le centre d’un mandala représente le centre de l’Univers dans lequel vivent l’unité, le divin, l’invisible, la métaphysique. C’est lui qui comporte la sagesse, l’énergie venant du vide et le silence. La périphérie d’un mandala évoque la création du monde. Dans un mandala, la représentation carrée ou circulaire englobée dans les cercles précités définit le «temple de l’Homme ». Les côtés du carré représentent quatre portes situées aux quatre points cardinaux au centre duquel se situe le rond (ou le carré) central de la déité ou de la divinité à laquelle le mandala est dédié. Ces portes symbolisent les quatre libérations consistant à vider l’esprit de toute pensée en entrant par la porte à l’est pour réaliser le samâdhi (l’accomplissement) au nord.

La méditation avec le mandala

Traditionnellement, la méditation du mandala proprement dite consiste en une visualisation très vive et détaillée d’une déité. Le méditant suit habituellement une liturgie, en répète les mantras (syllabes répétées) et en effectue les mudrās (position des mains) afin d’incarner les qualités d’un Bouddha ou encore d’un autre maître spirituel. Le but de cette pratique est de voir en toutes choses une manifestation de sa propre sagesse innée. Méditer avec un mandala est simple. On médite en le visualisant en trois dimensions comme un temple. Mais lorsqu’on médite devant un mandala, on a devant soi la représentation du monde et de son propre esprit. Ce que la pratique méditative avec un mandala veut amener, c’est que notre centre intérieur s’aligne avec le centre de l’Univers. Le but étant d’attirer à soi le silence, la paix, l’harmonie et l’équilibre. Même si vous ne pratiquez pas la méditation, vous pouvez simplement regarder un mandala. Il vous permettra de  vous centrer, vous harmonisez et il vous amènera la paix intérieure. Il a régulièrement été observé que le mandala, en plus d’apporter l’équilibre sur le plan psychique, stimulait la créativité. Il est préférable de méditer régulièrement avec un mandala pour en obtenir les bienfaits. Comme pour beaucoup d’activité nouvelle que l’on intègre dans sa vie, vous verrez que c’est en méditant régulièrement, notamment avec un mandala, que vous en obtiendrez pleinement les bienfaits.

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Les bienfaits connus des mandalas

En dehors de son utilisation à des fins méditatives, le mandala a des propriétés bénéfiques que l’on obtient en le créant et en le coloriant. Dessiner des mandalas permet de faire le calme en soi et de développer la concentration en plus d’améliorer la dextérité. C’est un outil parfait pour cultiver la patience et développer la précision. Parmi les autres bénéfices obtenus grâce à l’utilisation d’un mandala, on trouve les nombreuses vertus thérapeutiques. Ainsi, il permet de retrouver l’équilibre, d’augmenter la connaissance de soi, l’intuition créative et l’interprétation de ses propres créations. Mais également, il développe l’harmonie, en apaisant et procurant un calme intérieur.

En art-thérapie, les thérapeutes utilisent le mandala comme support pour mieux connaître le psychisme des patients. On leur fait donc colorier et dessiner des mandalas. Le psychisme se symbolise à travers le dessin. En dessinant un mandala, nous créons notre propre espace sacré dans lequel se concentrent nos énergies. Il existe ainsi une correspondance entre le dessin symétrique créé par un patient et le psychisme humain. Le dessin symétrique serait la reproduction de notre psychisme en miniature, sur le papier. Le dessin est différent d’une fois à l’autre dépendamment de l’humeur du dessinateur. L’analyse sera tout autant intéressante.

Petit exercice de méditation avec un mandala

Fixez votre regard au centre du mandala, pendant environ deux minutes. Veillez à ce que vos yeux ne s’écartent pas du point central. Fermez ensuite tranquillement tes yeux, les paupières détendues, et vous verrez que le mandala se projette à l’intérieur de vos paupières. Puis, laissez-le disparaitre petit à petit. Cette expérience permet de travailler sur la concentration et la visualisation.

Sources : Wikipedia  et Livres de cours de l’International Academy of Ayurveda

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